Comprendre pourquoi une chaussure peut faire mal au talon
Vous enfilez une paire, vous faites quelques pas, et cette sensation désagréable apparaît à l’arrière ou sous le pied. La douleur au talon dans les chaussures n’a rien de mystérieux : elle résulte presque toujours d’une pression localisée, d’un frottement répété ou d’un amorti insuffisant.
Souvent, le coupable a un nom précis : le contrefort. C’est cette partie arrière de la chaussure, plus ou moins rigide, qui entoure votre talon pour le maintenir. Quand il est trop dur, mal positionné ou associé à une couture saillante, il peut transformer une simple marche en calvaire.
Une pointure mal choisie aggrave évidemment la situation. Trop petite, la chaussure comprime. Trop grande, le talon glisse et frotte à chaque pas. L’usure de la semelle ou un amorti devenu inexistant jouent aussi un rôle, surtout si vous passez beaucoup de temps debout.
Avant d’aller plus loin, une distinction importante s’impose. La douleur au talon liée aux chaussures peut être de deux natures. D’un côté, une irritation superficielle : rougeur, échauffement, ampoule, directement au contact de la chaussure. De l’autre, une douleur plus profonde, sous ou derrière le talon, qui peut révéler une pathologie sous-jacente que la chaussure ne fait qu’aggraver — sans en être la cause unique.
Cet article vous guide pas à pas : reconnaître l’origine du problème, soulager rapidement, adapter votre équipement et, quand c’est nécessaire, consulter le bon professionnel.
Reconnaître une irritation liée à la chaussure
Comment savoir si la chaussure est vraiment responsable ? Les indices sont souvent très parlants. La douleur apparaît avec une paire précise. Vous repérez une marque rouge qui épouse exactement la forme d’une couture, le bord du contrefort, ou une zone de frottement. Le soulagement est quasi immédiat dès que vous retirez la chaussure.
Une ampoule fermée, une petite plaie superficielle, un gonflement localisé : ce sont des signaux que la peau a subi une agression mécanique. En revanche, si la douleur persiste même pieds nus, ou si elle s’accompagne d’un gonflement important, d’une rougeur qui s’étend ou d’une impossibilité de poser le pied, la cause dépasse probablement le simple frottement. Nous verrons cela un peu plus loin.
Les causes fréquentes d’une douleur au talon dans les chaussures
Quand on a mal, comprendre le mécanisme permet déjà de mieux réagir. Les causes sont classées ici de la plus directement liée à la chaussure jusqu’à celles qui concernent davantage le pied lui-même. Pour chacune, voici les signes caractéristiques et la logique de correction — sans transformer ces explications en diagnostic médical.
Contrefort rigide, couture et frottement répété
Le contrefort est conçu pour stabiliser l’arrière du pied. Le problème survient quand il est trop rigide, trop haut, ou déformé. Imaginez une chaussure neuve qui fait mal : vous la portez pour la première fois, et au bout de quelques heures, une rougeur bien nette apparaît exactement à la limite supérieure du contrefort. La peau chauffe, devient sensible. C’est l’exemple typique de la chaussure de ville qu’on n’a pas encore assouplie.

Les coutures intérieures saillantes aggravent ce phénomène. La transpiration et les chaussettes humides ramollissent la peau, la rendant plus vulnérable aux frottements. Une chaussette fine ou glissante peut aussi réduire la protection naturelle. Résultat : ampoule, irritation, voire petite plaie si on insiste.
La correction logique consiste à protéger la zone le temps que la chaussure s’assouplisse, ou à changer de modèle si le contrefort douloureux reste agressif malgré plusieurs utilisations.
Pointure, volume intérieur et mauvaise adaptation

Une chaussure trop petite comprime le talon et les orteils. À l’inverse, une chaussure trop grande laisse le pied glisser vers l’avant à chaque pas, puis reculer : le talon frotte contre le contrefort de façon répétée. Dans les deux cas, la mécanique est agressive pour la peau et les tissus.
La largeur compte autant que la longueur. Un pied large dans une chaussure standard subit une compression latérale qui modifie les appuis. Un laçage insuffisant ne stabilise pas le pied, ce qui augmente le frottement. Même une semelle intérieure épaisse, ajoutée pour le confort, peut réduire le volume disponible et créer une nouvelle zone de pression.
Une chaussure neuve peut nécessiter une adaptation progressive, c’est vrai. Mais elle ne doit jamais imposer une douleur franche dès les premières minutes. Trop de patients acceptent l’inconfort en pensant que « la chaussure va se faire ». Une chose est sûre : si l’essayage est douloureux, le problème ne se résoudra pas par magie.
Amorti insuffisant et surcharge du talon
Quand la semelle est trop fine, trop rigide ou tout simplement usée, le talon encaisse chaque impact sans aucune absorption. Sur un sol dur — béton, carrelage — et lors d’une station debout prolongée, la pression se concentre sous l’os du talon, le calcanéum.
Voici un deuxième exemple concret, observé régulièrement en coordination : une personne qui travaille debout toute la journée avec des chaussures de sécurité. Le modèle est lourd, la semelle peu amortissante, le sol en béton. En fin de journée, une douleur sourde s’installe sous le talon. Ce n’est pas une ampoule, ce n’est pas un frottement : c’est une souffrance mécanique par surcharge.
Changer la semelle intérieure pour un modèle offrant un meilleur amorti peut parfois suffire. Mais si la douleur persiste, il faut creuser l’hypothèse d’une pathologie sous-jacente.
Quand la douleur peut venir du pied plutôt que de la chaussure
Parfois, la chaussure n’est que le révélateur d’un problème plus ancien. C’est le cas de l’aponévrosite plantaire, une inflammation de la bande fibreuse qui relie le talon aux orteils. La douleur est caractéristique : vive, située sous le talon, souvent plus intense lors des premiers pas le matin ou après une période de repos prolongé. L’Assurance Maladie décrit cette pathologie comme fréquente chez les personnes qui pratiquent des sports à impact ou portent des chaussures à semelles trop fines.
Derrière le talon, une douleur peut évoquer une tendinopathie d’Achille, c’est-à-dire une souffrance du tendon qui relie le mollet au calcanéum. Les mouvements de flexion du pied deviennent inconfortables.
Enfin, l’épine calcanéenne est une excroissance osseuse visible à la radiographie. Mais attention : contrairement à une idée répandue, cette épine n’est pas toujours la cause directe de la douleur. Elle peut exister sans aucun symptôme, ou être la conséquence d’une inflammation chronique de l’aponévrose plantaire. Les recommandations médicales récentes précisent que le diagnostic repose sur l’examen clinique, éventuellement complété par une échographie ou une radio.
Quels types de chaussures favorisent la douleur au talon ?
Chaque type de chaussure expose le talon à des contraintes spécifiques. Le tableau ci-dessous vous aide à repérer les risques, à vérifier les points sensibles de vos paires actuelles et à savoir quelles caractéristiques privilégier.
| Type de chaussure | Risque fréquent pour le talon | Point à vérifier | Correction possible | Caractéristique adaptée à rechercher |
|---|---|---|---|---|
| Baskets du quotidien | Amorti usé, contrefort souple qui ne maintient plus | État de la semelle, tenue du talon | Remplacer la paire si la semelle est déformée | Contrefort rembourré, amorti stable |
| Chaussures plates | Semelle très fine, aucun amorti, talon non maintenu | Épaisseur de la semelle, stabilité arrière | Ajouter une semelle intérieure amortissante | Semelle intérieure amovible, contrefort structuré |
| Chaussures de running | Usure localisée, amorti insuffisant pour le volume du pied | Déformation de la semelle, maintien arrière | Changer de paire après 600 à 800 km | Amorti stable, modèle disponible en plusieurs largeurs |
| Chaussures de sécurité | Poids élevé, contrefort rigide, semelle peu amortissante | Contrefort, semelle intérieure, pointure adaptée au port de chaussettes épaisses | Semelle de remplacement amortissante (sans modifier la protection) | Contrefort rembourré, semelle intérieure amovible |
| Chaussures de randonnée | Frottement en descente, laçage insuffisant, rigidité | Hauteur du contrefort, coutures intérieures | Laçage ajusté, chaussettes adaptées, adaptation progressive | Contrefort rembourré, modèle disponible en plusieurs largeurs |
| Talons hauts | Report des appuis vers l’avant, tension sur le tendon d’Achille, frottement arrière | Hauteur du talon, maintien arrière, espace pour les orteils | Limiter la durée de port, alterner avec une chaussure stable | Contrefort rembourré, amorti stable |
Gardez à l’esprit que les besoins varient selon la forme de votre pied, votre activité et l’existence éventuelle d’une pathologie. Aucun modèle ne convient à tout le monde. Ce tableau vous donne des repères pour choisir en connaissance de cause.
Baskets, running et randonnée
Le mot « basket » rassure, mais il ne garantit rien. Une basket de mode peut être aussi peu amortissante qu’une chaussure plate. Vérifiez l’état de la semelle : si elle est lisse, déformée ou affaissée, l’amorti est mort.
Pour la course à pied, l’usure est progressive. Une paire qui semblait confortable il y a six mois peut aujourd’hui provoquer une douleur au talon simplement parce que la semelle a perdu ses propriétés. Le maintien du talon et l’adéquation au volume de votre pied comptent davantage qu’un niveau d’amorti universel.
En randonnée, les frottements en descente sont fréquents. Le pied glisse vers l’avant, le talon tape contre le contrefort. Un laçage bien ajusté limite ce mouvement. Et surtout, essayez toujours vos chaussures de randonnée avec les chaussettes que vous porterez en montagne : l’épaisseur change tout.
Chaussures plates, talons hauts et chaussures de sécurité
Les chaussures plates cumulent souvent deux problèmes : une semelle fine qui n’absorbe rien, et un contrefort minimaliste qui ne stabilise pas le talon. Sur sol dur, l’impact est direct.
Les talons hauts modifient radicalement la répartition des appuis. Le poids du corps bascule vers l’avant du pied, ce qui comprime les orteils, mais l’arrière n’est pas épargné pour autant : le tendon d’Achille reste en position raccourcie, ce qui peut générer une tension douloureuse à l’arrière du talon. Après plusieurs heures, la fatigue s’accumule.
Les chaussures de sécurité posent un autre défi. Elles protègent, c’est leur rôle, mais elles sont souvent lourdes, rigides, avec un contrefort très structuré. Si vous les portez huit heures par jour sur un sol dur, le talon souffre mécaniquement. Ce cas est fréquent parmi les personnes qui travaillent en station debout prolongée. Attention : ne modifiez jamais un équipement de sécurité d’une manière qui pourrait altérer sa protection. Une semelle intérieure de remplacement peut améliorer le confort, à condition de ne pas compromettre la stabilité.
Soulager rapidement le talon sans aggraver l’irritation
Quand la douleur est là, l’objectif est simple : calmer l’inconfort, protéger la zone et éviter que la situation ne s’aggrave. Les mesures proposées ici sont adaptées à la nature de la douleur. Mais elles ne remplacent pas une consultation si des signes d’alerte sont présents. Distinguons bien deux cas : la peau irritée ou ampoulée, et la douleur profonde sous ou derrière le talon.
Les premiers gestes utiles
Le premier réflexe est logique : retirez ou changez la chaussure responsable. Si vous ne pouvez pas rentrer chez vous, une protection temporaire et un changement de paire dès que possible limiteront les dégâts. Réduisez l’activité qui déclenche la douleur et gardez la peau propre et sèche.

Pour une douleur profonde ou un gonflement, le froid peut aider. Appliquez de la glace enveloppée dans un tissu fin — jamais directement sur la peau. Les recommandations médicales préconisent une durée de 15 minutes, puis un repos d’au moins 45 minutes avant de renouveler l’application. Cette précaution est importante : le froid mal utilisé peut brûler la peau. Les personnes souffrant de troubles circulatoires ou de diabète doivent s’abstenir ou demander un avis médical au préalable.
Une ampoule fermée ? Les pansements hydrocolloïdes (ou patchs) créent un environnement favorable à la cicatrisation tout en protégeant du frottement. Ils se posent selon la notice et restent en place plusieurs jours si aucun signe d’infection n’apparaît.
Une plaie ouverte nécessite des soins adaptés : nettoyage doux, désinfection, protection par un pansement. Surveillez l’évolution. Une rougeur qui s’étend, une chaleur locale, de la fièvre : consultez rapidement.
Talonnettes en gel, semelles et protections antifrottement
Les talonnettes en gel peuvent ponctuellement réduire les chocs ou soulager une zone de pression. Mais elles modifient le volume intérieur de la chaussure. Si celle-ci devient trop serrée, le problème se déplace : le talon remonte, le frottement change de zone, et une nouvelle irritation peut apparaître. Testez-les d’abord sur de courtes périodes.
Les protections antifrottement et les coussinets adhésifs jouent un rôle d’appoint. Ils protègent temporairement la peau le temps que la chaussure s’assouplisse ou qu’une ampoule guérisse. Ils ne corrigent pas une pointure inadaptée.
Quant aux semelles, une distinction s’impose. Les semelles de confort vendues en pharmacie ou en magasin de sport améliorent l’amorti et le soutien de la voûte plantaire. Les études récentes montrent que les orthèses plantaires, qu’elles soient préfabriquées ou sur mesure, peuvent réduire la douleur et améliorer la fonction à court et long terme — mais elles ne doivent pas être utilisées comme seul traitement en cas de pathologie. Une semelle orthopédique prescrite après évaluation par un podologue répond à un besoin précis. Ne partez pas du principe qu’une semelle conviendra à toutes les causes de douleur.
Crèmes et soins locaux : ce qu’ils peuvent réellement apporter
Une crème émolliente ou une crème barrière peut aider à protéger une peau intacte exposée aux frottements. En formant un film protecteur, elle réduit l’irritation mécanique. Mais elle ne corrige en rien le défaut de la chaussure.
N’appliquez jamais un produit irritant, parfumé ou alcoolisé sur une ampoule ouverte ou une plaie. Pour les crèmes médicamenteuses ou antalgiques, le réflexe doit être de demander conseil à un pharmacien ou à un médecin. C’est particulièrement vrai si vous êtes enceinte, si vous avez des allergies connues, si vous suivez un traitement ou si vous vivez avec une maladie chronique.
Remèdes de grand-mère : bénéfices limités et précautions
Les astuces transmises de génération en génération peuvent apporter un confort passager. Mais face à une cause mécanique — une chaussure qui frotte, un amorti inexistant — elles ne règlent rien. Passons en revue les plus citées, avec leurs limites et les précautions à connaître.
Bain de pieds au sel d’Epsom
Un bain de pieds tiède additionné de sel d’Epsom peut procurer une sensation de détente et apaiser momentanément les tensions musculaires. C’est agréable après une longue journée debout. Mais cela ne réduit pas l’inflammation profonde d’une aponévrosite, et cela ne modifie évidemment pas la pointure ou la rigidité de vos chaussures.
Compresse de vinaigre de cidre
Le vinaigre de cidre est parfois proposé pour ses propriétés anti-inflammatoires supposées. En réalité, son acidité peut irriter la peau, surtout si elle est déjà fragilisée par un frottement. Ne l’appliquez jamais sur une peau lésée, une ampoule ouverte ou une plaie. Si vous souhaitez le tester sur une peau parfaitement intacte, faites-le avec prudence, sur une petite zone, et diluez-le.
Massage à l’huile essentielle de gaulthérie
L’huile essentielle de gaulthérie couchée est riche en salicylate de méthyle, un dérivé de l’aspirine aux propriétés anti-inflammatoires. Mais c’est aussi une substance puissante, potentiellement toxique à haute dose. Elle est formellement contre-indiquée chez les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants de moins de six ans et les personnes allergiques à l’aspirine ou aux AINS. Son usage est également déconseillé, voire interdit, en cas de traitement anticoagulant, car le risque hémorragique est réel.
Si vous envisagez de l’utiliser, l’avis d’un pharmacien est indispensable. L’application doit toujours se faire diluée dans une huile végétale, sur une peau intacte, et jamais de façon prolongée sans suivi. Ce n’est pas un soin anodin. Pour en savoir plus sur le bon usage des huiles essentielles antidouleur, lisez ce guide complet sur les huiles essentielles et les douleurs.
Choisir et adapter ses chaussures pour éviter une nouvelle douleur
Mieux vaut prévenir que guérir. Cette section vous donne des repères simples pour évaluer une chaussure avant l’achat et pour l’adopter sans souffrir. Aucune marque, aucun modèle unique : juste des critères qui comptent pour votre talon.
La pointure se vérifie debout, en fin de journée, avec les chaussettes habituelles. Vos pieds gonflent légèrement au fil des heures ; un essayage du matin peut être trompeur. Contrôlez la longueur, mais aussi la largeur et le volume intérieur. Une chaussure doit maintenir le talon sans le comprimer. Le contrefort ne doit présenter aucune zone dure ou saillante perceptible au toucher. Passez le doigt à l’intérieur pour repérer d’éventuelles coutures agressives.
L’amorti se teste en marchant sur une surface dure : la sensation sous le talon doit être amortie, pas sèche. Enfin, si vous portez ou pourriez avoir besoin d’une semelle orthopédique, assurez-vous que la semelle intérieure d’origine est amovible.
Un modèle ne doit pas nécessiter d’être douloureux avant de devenir portable. Si l’essayage fait mal, cherchez une autre forme ou une autre pointure.
Checklist : une chaussure qui ne fait pas mal au talon

- [ ] La longueur et la largeur conviennent au pied
- [ ] Le talon reste en place sans glisser
- [ ] Le contrefort ne crée pas de point dur
- [ ] Aucune couture n’irrite la peau
- [ ] L’amorti correspond à l’activité
- [ ] La semelle intérieure est amovible si une orthèse doit être portée
- [ ] Les orteils disposent d’un espace suffisant
- [ ] La chaussure reste confortable avec les chaussettes prévues
Un seul point douloureux lors de l’essayage justifie généralement de tester une autre forme ou une autre pointure. Ne transigez pas sur ce qui vous fait mal : la gêne initiale se transforme rarement en confort miraculeux.
Adapter progressivement une chaussure neuve
Une chaussure neuve qui fait mal n’est pas une fatalité. Commencez par de courtes périodes : trente minutes à une heure à la maison, puis des sorties limitées. Augmentez progressivement la durée si aucune rougeur persistante ni douleur n’apparaît.
Certains points de pression légers peuvent s’assouplir avec le temps. Mais une douleur franche, une ampoule qui se forme en moins d’une heure de marche : ce n’est pas un rodage normal. Dans ce cas, n’insistez pas.
Un cordonnier peut parfois assouplir une zone trop rigide avec des outils adaptés. Évitez les méthodes agressives — chauffer la chaussure, la tordre à la main — qui risquent de la détériorer sans résoudre le problème.
Prévention selon l’activité
Chaque activité expose le pied à des contraintes différentes. Voici quelques repères adaptés.
Randonnée. L’humidité est un facteur aggravant majeur. Portez des chaussettes techniques qui évacuent la transpiration, et changez-les si nécessaire. En descente, un laçage qui bloque bien le talon limite le glissement du pied vers l’avant.
Danse et talons. Si vous portez des talons hauts pour danser ou pour une soirée, augmentez progressivement la durée et la hauteur. Alternez avec une chaussure stable dès que possible. Des étirements doux du mollet en fin de journée peuvent atténuer la tension, mais arrêtez immédiatement s’ils augmentent la douleur.
Course à pied. Surveillez l’usure de la semelle. Une usure asymétrique ou un affaissement visible signifient que l’amorti est mort. L’alternance entre deux paires peut prolonger leur durée de vie et offrir une variation bénéfique des appuis.
Travail debout. Si votre poste le permet, alternez les appuis, déplacez-vous régulièrement, changez de paire en cours de journée. Un tapis anti-fatigue peut aussi réduire la charge sous le talon.
Dans tous les cas, des étirements doux du mollet et de la plante du pied peuvent participer au confort. Mais ces gestes ne remplacent ni une chaussure adaptée ni un avis médical en cas de douleur persistante.
Quand consulter pour une douleur au talon ?
La plupart des irritations mécaniques se règlent avec les ajustements décrits précédemment. Mais certains signaux doivent vous amener à consulter sans tarder.
Prenez un avis médical ou podologique si la douleur persiste malgré le changement de chaussure, si elle revient régulièrement ou si elle gêne votre marche au quotidien. Une douleur qui survient sans lien évident avec une paire particulière mérite aussi d’être explorée.
Consultez plus rapidement en cas d’impossibilité d’appui, de traumatisme important, de déformation visible, de rougeur chaude qui s’étend, de fièvre, de plaie qui ne cicatrise pas, de perte de sensibilité ou de gonflement brutal. Ces signes peuvent indiquer une infection, une pathologie articulaire ou un problème circulatoire.
Enfin, si vous êtes diabétique ou si vous souffrez de troubles circulatoires, toute plaie du pied, même minime, doit être contrôlée rapidement par un professionnel. Les recommandations de l’Assurance Maladie sont claires : inspectez vos pieds quotidiennement et ne laissez aucune lésion évoluer sans avis médical.
Quel professionnel solliciter ?
Trois interlocuteurs peuvent vous aider selon la situation.
Le pharmacien est un premier recours pour un conseil sur les soins simples, la vérification des précautions d’un produit, le choix d’un pansement ou d’une protection. Il vous orientera si nécessaire.
Le médecin généraliste recherche une cause médicale, prescrit les examens éventuels — radio, échographie — et vous oriente vers un spécialiste si besoin. C’est lui qui peut poser un diagnostic comme une aponévrosite plantaire ou une tendinopathie.
Le podologue analyse vos appuis, examine vos chaussures, et évalue l’intérêt d’une orthèse plantaire. Une imagerie ou des semelles orthopédiques ne sont pas systématiquement nécessaires : seul un examen clinique permet d’en juger.
Douleur au talon et cancer : faut-il s’inquiéter ?
Questions fréquentes sur la douleur au talon et les chaussures

Comment ne plus avoir mal au talon dans des chaussures ?
Supprimez d’abord la pression ou le frottement : changez de paire, vérifiez la pointure et protégez temporairement la zone irritée. Si la douleur persiste pieds nus, revient avec plusieurs chaussures ou gêne la marche, il faut chercher une autre cause qu’un simple problème d’ajustement.
Que faire pour soulager une douleur au talon ?
Commencez par le repos relatif et le changement de chaussure. Pour une douleur profonde, appliquez de la glace protégée pendant 15 minutes. Pour une ampoule fermée, un pansement hydrocolloïde peut aider. Le choix dépend de l’emplacement et de la nature de la douleur. Consultez si elle persiste.
Quelle chaussure pour ne pas avoir mal au talon ?
Il n’existe pas de modèle universel. Privilégiez une chaussure correctement dimensionnée, stable, sans couture irritante, avec un contrefort confortable et un amorti adapté à votre activité. Le talon ne doit ni glisser, ni être comprimé. Essayez en fin de journée avec vos chaussettes habituelles.
Comment passer un mal de pieds à cause de chaussures à talon portées trop longtemps ?
Retirez les talons, marchez avec une chaussure stable et confortable, et réduisez temporairement les activités douloureuses. Des mobilisations douces peuvent atténuer la tension, mais arrêtez si la douleur augmente. Une douleur forte, un gonflement ou une gêne durable nécessite un avis professionnel.
Pourquoi une chaussure neuve fait-elle mal au talon ?
Les matériaux encore rigides, un contrefort dur, des coutures internes, une forme différente de vos chaussures habituelles ou une pointure inadaptée peuvent être en cause. Une adaptation progressive limite les frottements légers, mais une douleur importante ou une ampoule ne correspond pas à un rodage normal.
Pourquoi le contrefort de la chaussure fait-il mal au talon ?
Le contrefort est la partie arrière qui entoure le talon. Il peut exercer une pression ou frotter s’il est trop dur, trop haut, déformé ou mal positionné par rapport à votre pied. Changer de forme, ajuster le laçage ou utiliser une protection temporaire peut aider.
Quel remède de grand-mère soulage la douleur au talon ?
Aucun remède maison ne corrige à lui seul une chaussure inadaptée ou une pathologie. Un bain tiède ou un massage doux apporte un confort passager. Le vinaigre peut irriter, les huiles essentielles sont à éviter sur une peau lésée, et la gaulthérie présente des contre-indications sérieuses.
Une douleur au talon peut-elle être un signe de cancer ?
Cette cause est très rare, surtout quand la douleur correspond au contact d’une chaussure. Consultez si la douleur est inexpliquée et persistante, si elle s’aggrave la nuit ou au repos, ou si elle s’accompagne d’une masse, d’un gonflement inhabituel, de symptômes généraux ou d’antécédents de cancer.
Retrouver des chaussures confortables sans ignorer une douleur persistante
Trois étapes simples résument la démarche. D’abord, identifiez le point de pression ou le type de douleur : frottement, compression, surcharge. Ensuite, soulagez la zone sans masquer une lésion qui mériterait d’être montrée. Enfin, corrigez ce qui peut l’être : la pointure, la forme, l’usage que vous faites de la chaussure.
Une adaptation progressive reste utile, mais seulement si elle ne fait pas souffrir. La plupart des irritations mécaniques se préviennent avec des chaussures bien choisies. Et quand la douleur persiste malgré tout, une évaluation professionnelle apporte les réponses que le bon sens ne suffit pas à donner.
