Problème de foie : reconnaître les signes, comprendre les causes et agir

19 juillet 2026
Les principaux signes d'un problème de foie

  • Jaunisse : peau et yeux jaunes, urines foncées, selles pâles.
  • Fatigue persistante : épuisement qui ne cède pas au repos.
  • Démangeaisons : prurit intense, souvent le soir.
  • Ventre gonflé : sensation de lourdeur ou ascite.
  • Nausées, perte d’appétit : dégoût alimentaire et amaigrissement.
  • Mauvaise haleine fruitée : signe tardif d’insuffisance hépatique.

Un ou plusieurs de ces signes nécessitent un avis médical sans attendre.

Infographie des 4 stades de la maladie du foie

Votre foie, cet organe silencieux : pourquoi il mérite toute votre attention

Le foie, vous ne le sentez pas. Il ne se rappelle pas à vous par des douleurs vives, sauf quand la situation est déjà bien avancée. Pourtant, c’est un ouvrier de l’ombre : il filtre le sang, fabrique des protéines vitales, stocke l’énergie et neutralise les toxiques. Je ne compte plus les patients qui découvrent un problème hépatique tardivement, simplement parce qu’ils n’avaient rien ressenti. Cet article est là pour vous aider à repérer les signaux, comprendre les causes et savoir quand agir, sans vous alarmer. Nous allons passer en revue les symptômes clés, les maladies les plus fréquentes et les gestes de prévention, en gardant à l’esprit qu’un avis médical reste indispensable en cas de doute.

Tableau récapitulatif : les 12 signes qui doivent vous alerter

Voici un panorama des principaux signes que peut donner un foie en souffrance. Ils sont classés des plus évocateurs aux plus subtils. Aucun signe isolé ne fait un diagnostic, mais une association ou une persistance mérite d’en parler à votre médecin.

Signe Description Fréquence / Spécificité
Jaunisse (ictère) Coloration jaune de la peau et du blanc des yeux, liée à une accumulation de bilirubine dans le sang. Souvent associée à des urines foncées et des selles pâles. Très spécifique d’une atteinte du foie ou des voies biliaires. Peut apparaître dans les hépatites aiguës et les stades avancés.
Fatigue inexpliquée Lassitude profonde, persistante, qui ne cède pas au repos. Le foie n’assure plus correctement le métabolisme énergétique et l’élimination des toxines. Extrêmement fréquent, présent dans 70 à 80 % des hépatites aiguës, mais aussi dans beaucoup d’autres affections.
Démangeaisons (prurit) Sensation de prurit généralisé, souvent intense le soir, liée à l’accumulation de sels biliaires sous la peau lorsque la bile ne s’écoule plus normalement (cholestase). Fréquent en cas de cholestase (obstruction des voies biliaires, certaines hépatites). Spécifique mais pas toujours constant.
Urine foncée Urines couleur thé foncé ou cola, même en buvant suffisamment. Signe d’un excès de bilirubine éliminée par les reins. Très fréquent quand l’ictère s’installe. Souvent associé à des selles décolorées. Spécifique d’un trouble hépatobiliaire.
Selles pâles Selles grisâtres, décolorées, voire blanches, par manque de pigments biliaires. Signe spécifique d’une obstruction des voies biliaires ou d’une hépatite sévère. Rare mais très évocateur.
Ventre gonflé Augmentation progressive du volume abdominal, pouvant s’accompagner d’une sensation de lourdeur. Dans les maladies avancées, il peut s’agir d’ascite (liquide dans le ventre). Spécifique aux stades avancés (cirrhose décompensée). Signe de gravité à ne pas négliger.
Diarrhée Selles plus fréquentes, molles, parfois grasses et difficiles à évacuer (stéatorrhée) par mauvaise digestion des graisses. Peut survenir dans de nombreuses maladies du foie modifiant l’absorption des lipides. Peu spécifique mais à prendre en compte si associé à d’autres signes.
Nausées et vomissements Sensation de cœur au bord des lèvres, parfois après les repas. Le foie peine à métaboliser les toxines alimentaires. Très fréquent dans les hépatites aiguës et les intoxications médicamenteuses.
Perte d’appétit Diminution de l’envie de manger, voire dégoût alimentaire. Peut conduire à une perte de poids non volontaire. Fréquent dans les hépatites et les maladies chroniques du foie. Signe d’alerte quand il s’installe durablement.
Masse palpable Sensation de « boule » sous les côtes droites, correspondant à une augmentation de volume du foie (hépatomégalie) ou à une tumeur. Rarement perçue par le patient ; souvent découverte à l’examen clinique. Très spécifique mais tardif.
Mauvaise haleine (foetor hepaticus) Haleine douceâtre, fruitée ou ammoniacale, due à l’accumulation de substances soufrées volatiles non détoxiquées par le foie. Spécifique d’une insuffisance hépatique sévère. Signe d’alerte tardif, à ne jamais ignorer.
Confusion Difficulté à se concentrer, désorientation, changements d’humeur inexpliqués (encéphalopathie hépatique). Le cerveau s’intoxique par les déchets non filtrés. Survient exclusivement en cas d’insuffisance hépatique avancée. Signe de gravité extrême, nécessite d’appeler le 15 immédiatement.

Qu’est-ce qui met votre foie en danger ? Causes et facteurs de risque

Les agressions que subit votre foie sont souvent quotidiennes, parfois invisibles, mais identifiables. La première chose à regarder, c’est votre consommation d’alcool. Quand elle est excessive et prolongée, elle favorise une accumulation de graisse dans les cellules hépatiques puis une inflammation chronique qui peut évoluer en cirrhose. Mais ce n’est pas la seule menace. Une alimentation trop riche en sucres et en graisses saturées conduit à la stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD), surtout si vous êtes en surpoids, diabétique ou si vous avez un syndrome métabolique. Cette maladie du foie gras touche aujourd’hui environ 25 % de la population dans les pays occidentaux.

Les virus des hépatites B et C sont l’autre grande famille de risques : transmissibles par le sang et les rapports sexuels, ils peuvent s’installer silencieusement pendant des décennies et aboutir à une cirrhose ou un cancer. Certains médicaments, même courants, peuvent également agresser le foie. Le paracétamol pris à trop forte dose, certains anti-inflammatoires, antibiotiques ou plantes (comme le kava ou la grande chélidoine) ne sont pas anodins. Pour mieux comprendre les risques du paracétamol, il est essentiel de respecter les doses prescrites et d’éviter toute automédication prolongée. Enfin, des maladies génétiques comme l’hémochromatose (surcharge en fer) ou le syndrome de Gilbert prédisposent le foie à travailler différemment. Connaître son terrain, c’est déjà le protéger.

Si vous souhaitez approfondir les facteurs de risque, l’Association Française pour l’Étude du Foie (AFEF) propose une page très complète sur le sujet : Les facteurs de risque des maladies du foie.

Comment votre corps vous parle : symptômes d’un problème de foie

Alors, comment se manifeste un foie qui souffre ? Il faut apprendre à écouter des signes qui paraissent banals mais qui, en réalité, montrent que l’organe n’arrive plus à faire son travail.

Illustration médicale torse humain avec foie lumineux et icônes de symptômes

La jaunisse est le signe le plus évocateur. Elle apparaît quand le foie ne peut plus éliminer la bilirubine, ce pigment jaune issu de la dégradation des globules rouges. Elle s’accompagne souvent d’urines foncées – la bilirubine passe dans les urines – et de selles pâles car le pigment n’atteint plus l’intestin. Cette triade signale une souffrance réelle des canaux biliaires ou des cellules du foie.

La fatigue est encore plus fréquente mais trompeuse. Dans les maladies du foie, elle peut être extrême et inexpliquée, car le foie ne stocke plus correctement le glycogène et laisse s’accumuler des toxines qui interfèrent avec le fonctionnement cérébral. Des démangeaisons peuvent ensuite apparaître, surtout la nuit, quand les sels biliaires s’accumulent dans la peau. C’est une sensation souvent décrite comme un « prurit qui gratte de l’intérieur ».

Plus sournois encore, les troubles digestifs : nausées après les repas, perte d’appétit qui entraîne un amaigrissement, ou encore une diarrhée graisseuse car le foie ne fabrique plus assez de bile pour digérer les lipides. Enfin, un ventre qui gonfle peut signaler une rétention de liquide (ascite) dans les formes avancées, tout comme des bleus qui apparaissent facilement (le foie ne synthétise plus assez de facteurs de coagulation). Ces signes n’ont rien de systématique, et ils peuvent varier d’une personne à l’autre, notamment selon le sexe, comme nous allons le voir.

Symptômes du foie chez la femme vs chez l’homme

Si les grands symptômes généraux sont assez proches, les hormones jouent un rôle que j’observe régulièrement :

Chez la femme Chez l’homme
Arrêt ou irrégularité des règles (aménorrhée), notamment en cas de cirrhose évoluée. Dysfonction érectile (présente chez 66 à 85 % des hommes cirrhotiques).
Baisse de la fertilité, souvent réversible après traitement de la cause hépatique. Gynécomastie (développement mammaire) et perte de la pilosité corporelle (féminisation).
Possible majoration de la fatigue, mais les données restent partagées. Atrophie testiculaire et perte de masse musculaire.

Ces différences sont surtout liées aux perturbations du métabolisme des hormones sexuelles par le foie malade. C’est pourquoi, chez un homme jeune présentant une gynécomastie ou des troubles de l’érection isolés, une évaluation hépatique peut être demandée. Inversement, une aménorrhée persistante chez une jeune femme doit faire évoquer la piste hépatique si le bilan gynécologique est normal. Pour approfondir ces spécificités, le Manuel MSD décrit clairement ces manifestations : Présentation des maladies du foie.

Diagnostic : comment savoir si votre foie est malade ?

Vous vous demandez peut-être comment le médecin va confirmer si vos symptômes viennent bien du foie. La démarche est toujours la même : un interrogatoire, un examen clinique, puis des examens complémentaires de plus en plus poussés.

D’abord, le soignant palpe votre ventre à la recherche d’une augmentation de volume du foie (hépatomégalie). Il vérifie la présence d’un ictère, d’angiomes stellaires sur la peau ou d’une circulation veineuse collatérale. Ensuite, un bilan sanguin hépatique est demandé : dosage des transaminases (ALAT, ASAT) pour évaluer la souffrance des cellules du foie, des gamma-GT (GGT) et des phosphatases alcalines (PAL) pour dépister une cholestase, et de la bilirubine pour confirmer une jaunisse. Ces marqueurs, nous allons les voir en détail juste après.

Si les résultats sont anormaux, une échographie abdominale est l’étape suivante : elle montre la taille, la texture du foie, et peut détecter une stéatose ou une fibrose évoluée. Pour aller plus loin, le FibroScan (élastographie) mesure la dureté du foie, donc le degré de fibrose, de façon indolore. En cas de doute, une ponction-biopsie hépatique reste l’examen de référence pour analyser les cellules directement au microscope. Rassurez-vous : ces examens sont guidés par votre médecin, et connaître leur sens vous aide simplement à mieux participer aux décisions.

Vos résultats d’analyse hépatique : guide des valeurs normales

Voici un tableau pratique pour vous repérer dans vos résultats de laboratoire. Attention, les normes peuvent légèrement varier selon les techniques. Parlez-en toujours avec votre médecin.

Marqueur Valeurs normales (adultes) Signification en cas d’élévation
ALAT (alanine aminotransférase) Homme : 7–56 UI/L
Femme : 7–45 UI/L environ
Très spécifique d’une atteinte des cellules hépatiques (hépatite virale, toxique, stéatose). Une élévation forte oriente vers une hépatite aiguë.
ASAT (aspartate aminotransférase) 10–40 UI/L Présente aussi dans le cœur et les muscles. Une élévation isolée peut venir d’un effort musculaire intense. Rapport ALAT/ASAT utile pour diagnostiquer une cause alcoolique.
GGT (gamma-glutamyl transférase) Homme : 9–48 UI/L
Femme : 5–35 UI/L environ
Très sensible mais peu spécifique. Élevée en cas de cholestase, atteinte alcoolique, ou prise de médicaments. Une GGT élevée avec ALAT normale peut orienter vers une cause extra-hépatique.
Phosphatases alcalines (PAL) 30–120 UI/L Élévées dans les maladies des voies biliaires, les obstructions ou les tumeurs osseuses. Une hausse isolée évoque une origine osseuse.
Bilirubine totale 0,3–1,2 mg/dL (5–21 µmol/L) Augmentée dans l’ictère. La fraction conjuguée monte en cas d’obstacle, la fraction libre quand la destruction des globules rouges est excessive.

Ces repères sont issus de données validées, comme le rappelle la Cité des Sciences dans son article sur le bilan hépatique.

Traitements : quelles solutions pour soulager et guérir votre foie ?

Un point essentiel à retenir : le foie possède une capacité de régénération que peu d’organes ont. Beaucoup de lésions sont réversibles si l’on supprime la cause à temps.

Pour les hépatites virales, les traitements sont aujourd’hui très efficaces. L’hépatite B chronique est contrôlée par des antiviraux (ténofovir, entécavir) qui stoppent la réplication du virus et freinent la fibrose. L’hépatite C, elle, peut être guérie dans plus de 90 % des cas grâce à des antiviraux à action directe, pris pendant 8 à 12 semaines. Un véritable tournant.

Quand le problème est lié à l’alcool, l’abstinence totale est la clé. Pour la stéatose hépatique non alcoolique (NASH), la perte de poids (visant au moins 7 à 10 % du poids initial), une activité physique régulière, et un régime pauvre en sucres rapides peuvent faire reculer la fibrose.

Certaines maladies imposent des traitements spécifiques : saignées régulières pour l’hémochromatose, immunosuppresseurs pour les hépatites auto-immunes, et éviction stricte des médicaments ou plantes toxiques pour les hépatites médicamenteuses. Quand la cirrhose est trop avancée ou qu’un cancer se développe, la transplantation hépatique devient le seul recours. C’est une intervention lourde mais qui sauve des vies. Le Centre Hépato-Biliaire Paul Brousse détaille bien le suivi après greffe : Après la greffe de foie.

Les 12 principales maladies du foie à connaître

Voilà le cœur de mon carnet de bord. Certaines de ces pathologies sont bénignes, d’autres plus sérieuses. Apprendre à les reconnaître, c’est déjà diminuer l’angoisse de l’inconnu.

Cancer du foie

Le cancer primitif du foie — le carcinome hépatocellulaire — survient le plus souvent sur un foie déjà malade (cirrhose, hépatite B/C). Souvent diagnostiqué tardivement, il peut causer une perte de poids, des douleurs sous les côtes et une jaunisse. Les traitements vont de la résection chirurgicale à l’immunothérapie, selon le stade. La Fondation ARC en donne une description complète : Symptômes et traitements du cancer du foie.

Insuffisance hépatique

C’est une dégradation sévère et rapide (aiguë) ou progressive (chronique) des fonctions du foie. Elle se manifeste par une confusion, des saignements, une jaunisse intense et un ventre gonflé. Les causes incluent une hépatite fulminante, une intoxication au paracétamol ou une cirrhose décompensée. Le pronostic est grave sans transplantation. Plus de détails sur le site du MSD Manual : Insuffisance hépatique.

Stéatose hépatique

C’est le “foie gras”. L’accumulation de graisse dans les cellules du foie, liée à l’obésité, au diabète ou à l’alcool, concernerait près d’un quart de la population occidentale. La forme inflammatoire (NASH) peut évoluer en fibrose. Le traitement repose d’abord sur un changement d’hygiène de vie. Pour approfondir, consultez le Manuel MSD sur la stéatose.

Hépatite A

Transmise par de l’eau ou des aliments contaminés, cette hépatite aiguë provoque fièvre, fatigue et jaunisse. Elle ne passe jamais à la chronicité et guérit spontanément, même si la convalescence peut être longue. Un vaccin en deux injections protège durablement.

Hépatite B

Contaminante par le sang et les rapports sexuels, elle devient chronique chez environ 5 % des adultes infectés. Sans suivi, elle peut conduire à une cirrhose ou un cancer. La vaccination, obligatoire chez le nourrisson et recommandée à tout âge, reste le meilleur rempart. Des antiviraux contrôlent la maladie à long terme.

Hépatite C

Souvent silencieuse pendant des années, elle évolue régulièrement vers la chronicité et se complique de cirrhose. Grâce aux nouveaux antiviraux, on peut aujourd’hui guérir plus de 90 % des infections. C’est une révolution thérapeutique, à condition de dépister. Plus d’informations sur le site du MSD : Hépatite C chronique.

Hémochromatose

Cette maladie génétique entraîne une absorption excessive de fer qui s’accumule dans le foie, le cœur et le pancréas. Fatigue, douleurs articulaires et diabète peuvent apparaître vers la quarantaine. Le diagnostic repose sur un coefficient de saturation de la transferrine augmenté et un test génétique. Le traitement est simple : des saignées régulières.

Syndrome de Gilbert

Atteignant près de 5 à 10 % de la population, c’est une anomalie bénigne et sans gravité. Un ictère léger, déclenché par le stress, le jeûne ou une infection, peut être le seul signe. Aucun traitement n’est nécessaire, et le foie fonctionne parfaitement. Pour en savoir plus, l’article de WikEM est bien fait : Syndrome de Gilbert.

Cirrhose

C’est la cicatrisation diffuse et irréversible du foie, stade ultime de la fibrose. Elle empêche le sang de circuler normalement, provoquant ascite, varices œsophagiennes et risque de cancer. Un diagnostic précoce permet de stabiliser la situation. Le score de Child-Pugh évalue la gravité et guide la prise en charge.

Fibrose

Avant la cirrhose, il y a la fibrose. Elle peut encore régresser si l’on supprime l’agression. Le FibroScan mesure la rigidité du foie et classe la fibrose de F0 (absence) à F4 (cirrhose). Une valeur supérieure à 12 kPa signe une cirrhose probable. Consultez le guide du CHRU de Strasbourg : Interprétation du FibroScan.

Hépatites médicamenteuses

Certains médicaments peuvent endommager le foie, soit de manière dose-dépendante (comme le paracétamol en surdosage), soit par une réaction imprévisible (AINS, certains antibiotiques, antiépileptiques). L’arrêt du médicament est souvent suffisant pour guérir, mais une surveillance médicale est indispensable.

Hépatite fulminante

C’est une destruction massive et brutale du foie, d’origine virale (hépatite A, B) ou toxique (paracétamol). L’ictère s’aggrave rapidement, des troubles de la coagulation et une confusion (encéphalopathie) apparaissent. C’est une urgence vitale : l’appel au 15 et le transfert en réanimation sont immédiats. La greffe en super-urgence sauve la majorité des patients.

Comprendre les 4 stades de la maladie du foie : progression et réversibilité

Quand on suit un patient, on parle souvent de progression. Voici comment la maladie hépatique évolue, étape par étape.

Quatre illustrations de stades de maladie du foie : sain, gras, fibrose, cirrhose
  1. L’inflammation (hépatite) C’est le point de départ. Les cellules du foie réagissent à une agression (virus, alcool, graisses). À ce stade, les symptômes sont discrets voire absents. Une simple prise de sang peut révéler une élévation des transaminases. C’est entièrement réversible si l’agression cesse.
  2. La fibrose L’inflammation chronique dépose du collagène qui rigidifie le foie, comme une cicatrice. L’organe travaille encore, mais moins bien. Le FibroScan détecte cette fibrose alors que le patient ne sent souvent rien. Jusqu’à ce stade, la récupération est possible si la cause est traitée (arrêt de l’alcool, perte de poids, traitement antiviral).
  3. La cirrhose La fibrose est devenue si étendue qu’elle désorganise la structure du foie. Les complications commencent : hypertension portale, varices, ascite. Même si on ne peut plus guérir une cirrhose constituée, la traiter permet de stabiliser l’état et d’éviter l’aggravation. Certaines études montrent une légère régression si la cause est parfaitement contrôlée.
  4. L’insuffisance hépatique et le cancer Quand le foie ne remplit plus ses fonctions, ou qu’un carcinome se développe sur une cirrhose, on entre dans le stade terminal. Les signes d’encéphalopathie hépatique (confusion, astérixis) ou de jaunisse majeure apparaissent. La transplantation devient alors une nécessité.

Cette vision par stades montre bien l’urgence d’un dépistage précoce. Plus on intervient tôt, plus on peut offrir une vie normale au patient.

Prévenir les problèmes de foie : 5 habitudes à adopter

Les maladies hépatiques ne sont pas une fatalité. L’expérience montre que les gestes du quotidien, simples et réguliers, sont d’une efficacité remarquable.

Personne mangeant une salade et buvant de l

Checklist : 5 habitudes pour protéger votre foie au quotidien

  • Limiter l’alcool — Les repères actuels recommandent de ne pas dépasser 10 verres standard par semaine, avec des jours sans alcool. Une consommation régulière supérieure multiplie le risque de stéatose puis de cirrhose.
  • Chasser les excès de graisses et de sucres — Les sodas, les aliments ultra-transformés et les plats très gras favorisent l’accumulation de graisse dans le foie. Adoptez une assiette riche en fibres, en protéines maigres et en bonnes graisses (oléagineux, huile d’olive).
  • Se faire vacciner contre l’hépatite B — Le vaccin est efficace et remboursé. Il fait partie du calendrier vaccinal de l’enfant, et les adultes non protégés peuvent le recevoir à tout âge.
  • Bouger au moins 30 minutes par jour — L’activité physique régulière aide à maintenir un poids sain et réduit l’insulinorésistance, mécanisme clé de la maladie du foie gras. Marche rapide, vélo, natation : l’essentiel est de s’y tenir.
  • Manipuler les médicaments avec prudence — Respectez toujours les doses, surtout pour le paracétamol (maximum 3 g par jour chez l’adulte en bonne santé, moins en cas de malnutrition). Pour les compléments alimentaires et les plantes, demandez un avis médical : certains peuvent être hépatotoxiques.

Vos questions sur les problèmes de foie

Foie humain avec aura lumineuse, symbole de la santé du foie

Je clôture avec les interrogations que mes patients me confient le plus souvent. Vous verrez, une réponse claire suffit souvent à replacer les choses dans leur contexte.

Quels sont les signes d’un problème de foie ?

Les plus évocateurs regroupent une jaunisse, une fatigue persistante, des démangeaisons généralisées et des urines très foncées. Parfois s’ajoutent des selles pâles, des nausées ou une perte d’appétit. Ces signes sont souvent discrets ; leur association doit amener à consulter.

Quels sont les 12 signes d’une maladie du foie ?

La liste inclut la jaunisse, la fatigue inexpliquée, les démangeaisons, les urines foncées, les selles pâles, un ventre gonflé, une diarrhée, des nausées, une perte d’appétit, une masse sous les côtes droites, une mauvaise haleine particulière et une confusion mentale. Retenez qu’un seul signe isolé n’est pas suffisant pour s’alarmer.

Quelle est la maladie la plus grave du foie ?

La gravité dépend du stade, mais la cirrhose décompensée et le carcinome hépatocellulaire figurent parmi les plus sévères. Une insuffisance hépatique aiguë (hépatite fulminante) est aussi une urgence absolue, avec un risque vital très élevé sans greffe.

Est-ce qu’un problème au foie peut donner la diarrhée ?

Oui, tout à fait. Quand le foie produit moins de bile, la digestion des graisses devient difficile, ce qui peut entraîner des selles molles, pâles et nauséabondes. Une hypertension portale peut également accélérer le transit intestinal dans les stades avancés.

Un problème de foie fait-il gonfler le ventre ?

Oui, mais il ne s’agit pas d’un simple ballonnement. L’ascite est une accumulation de liquide dans l’abdomen, liée à une hypertension portale sévère. Elle signe une cirrhose avancée et impose un suivi médical rapproché. Si vous sentez votre ventre devenir progressivement dur et tendu, parlez-en rapidement à votre médecin.

Quelles sont les principales maladies du foie ?

Les grandes catégories comprennent les hépatites virales (A, B, C), la stéatose hépatique (alcoolique ou métabolique), la cirrhose, le cancer du foie, ainsi que les maladies génétiques comme l’hémochromatose ou le syndrome de Gilbert. Chacune a sa cause et sa prise en charge spécifique.

Quels sont les symptômes des maladies du foie chez la femme ?

Chez la femme, une fatigue inexpliquée, des nausées et des douleurs abdominales restent au premier plan, mais des troubles menstruels (arrêt des règles) peuvent survenir en cas de maladie hépatique avancée. La fertilité peut aussi être diminuée, souvent de manière réversible après traitement.

Quels sont les symptômes des maladies du foie chez l’homme ?

Les symptômes généraux (jaunisse, fatigue) sont semblables, mais une cirrhose peut entraîner une gynécomastie, une perte de pilosité et des troubles de l’érection. Ce sont des signes rares mais évocateurs d’une maladie hépatique chronique installée.

Sources et références

  • MSD Manuals – Troubles du foie et de la vésicule biliaire. https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-du-foie-et-de-la-v%C3%A9sicule-biliaire
  • SNFGE – Jaunisse (ictère). https://www.snfge.org/grand-public/maladies-digestives/jaunisse-ictere
  • AFEF – Les facteurs de risque. https://afef.asso.fr/les-facteurs-de-risque
  • Fondation ARC – Cancer du foie : symptômes et traitements. https://www.fondation-arc.org/sinformer-sur-le-cancer/les-differents-cancers/le-cancer-du-foie/quels-sont-les-symptomes-dun-cancer-du-foie
  • CHRU de Strasbourg – Guide d’interprétation du FibroScan (PDF). https://www.chru-strasbourg.fr/wp-content/uploads/2025/10/fibroscan-guide-dinterpretation_fr_juillet_2025.pdf
  • Cité des Sciences – Bilan hépatique. https://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/une-question-en-sante/questions-sante/examens-medicaux/bilan-hepatique-alat-asat-gamma-gt-pal-bilirubine-albumine
  • Centre Hépato-Biliaire Paul Brousse – Après la greffe. https://www.centre-hepato-biliaire.org/transplantation-greffe-foie/apres-la-greffe.html
  • WikEM – Gilbert syndrome. https://wikem.org/wiki/Gilbert_syndrome/fr

Laisser un commentaire